Ma vie après le sucre : La libération du goût sucré

La vie après le sucre, est-ce synonyme de la vie sans plaisir, sans gâteries, sans gourmandise? Pas du tout!

Au début, vous pouvez remplacer le sucre blanc par le sirop d'érable, le miel ou la purée de dattes car c'est vous qui les ajoutez dans vos recettes et en consommez moins que le sucre blanc caché dans tellement de produits alimentaires transformés. Cependant, sachez que sur le plan chimique, ces sucres s'équivalent pas mal et affectent le corps quasiment de la même façon (un pic de la glycémie suivi par la sécrétion d'insuline).

Si vous cherchez à réduire le sucre de façon graduelle et limiter les pics d'insuline , que reste-il sinon? Il existe plusieurs types d'édulcorants : le stévia, l'érythritol et le xylitol par exemple. Il existe également un fruit appelé « fruit du moine », originaire d'Asie du Sud-Est, qui détient un pouvoir sucrant 300 fois supérieur à celui du sucre mais qui n'entraîne pas une réponse de l'insuline (l'insuline est ce que certains appellent l'hormone de « stockage de graisse »). Ce sont, selon moi, de bons remplacements lorsqu'on souhaite réduire le sucre sans couper complètement le goût sucré.

Est-ce mieux de couper d'un coup toutes les formes d'édulcorants, comme j'ai fait? Pas nécessairement. Je crois que si on y va d'une façon qui correspond à notre personnalité, il est plus facile de continuer de façon naturelle. Nul besoin de faire comme moi...faites comme vous

Beaucoup de gens ont peur de « perdre » quelque chose en éliminant le sucre et les desserts. Je le croyais aussi jadis. Un été sans crème glacée? Une fête sans gâteau? Un voyage dans le Sud sans cocktails sucrés? Non merci. Or, contre toute attente, pour moi ce fut une libération.

En 2015 lorsque j’ai arrêté de manger le sucre sous toutes ses formes pendant une période de seulement deux semaines, je me suis rendue compte que j’avais besoin des aliments au goût sucré comme source de récompense, ou simplement par habitude. Oui, le goût me plaisait, mais aujourd’hui je pourrais en dire autant des autres aliments que j’aime. Le fait d’avoir vécu un certain recul par rapport aux sucreries, même de façon temporaire (ou que je croyais l’être) m’a permis de faire un peu d’introspection inattendue.

Pourquoi avais-je l’impression qu’un repas était incomplet sans dessert? Pourquoi avais-je besoin de me récompenser avec des biscuits, ou de me consoler avec de la crème glacée? Ma vie pourrait-elle être aussi le fun même si le chocolat n’en faisait pas partie? Cela me semblait impossible.

Alors j’ai décidé de faire une petite expérience sociologique avec comme seul sujet : moi. J’ai décidé de continuer ma vie sans les aliments sucrés tout en portant une attention particulière à mes envies et à mes émotions. Par exemple, au cégep, après avoir donné les cours de la première semaine de la session, j’avais un sentiment d’accomplissement et je voulais le souligner avec une barre de chocolat comme récompense. Or, pourquoi le sentiment de fierté ne me suffisait pas? Pourquoi fallait-il que ce besoin (très valide) de reconnaissance soit traduit en sucre?

À quel moment avais-je le goût d’aller chercher un biscuit? Quand je m’ennuyais? Quand j’étais tristounette? Je savais déjà que les émotions sont souvent intimement liées aux aliments, et je ne faisais pas exception. Mais il m’a fallu ce recul pour vraiment comprendre les émotions et les besoins sous-jacents et y répondre d’une nouvelle manière au lieu de les étouffer sous une couche de chocolat.

Je ne prétends pas que ça a été facile.

Mais pour moi, ce fut libérateur parce que grâce à ce travail personnel je me sens libérée de l’emprise qu’avaient sur moi non seulement le goût sucré, mais aussi ma relation de dépendance avec ces aliments « bonbons ». Je vis toujours la même gamme d’émotions qu’avant, mais je réponds à mes besoins émotionnels ailleurs que dans le sucré, donc je ne me prive de rien, au contraire. Je me connais mieux et je me respecte plus, et je vis une relation beaucoup plus saine avec la nourriture en général. En plus, à force de ne pas manger les aliments au goût sucré (même les « faux » sucres), mes goûts ont changé avec le temps. Le goût sucré ne m'attire plus - même le chocolat noir 85% goûte trop sucré pour moi ! J'ai appris à écouter mon corps et mes besoins, et ça aussi fait partie de ma vie après le sucre.

Et vous, comment entrevoyez-vous la vie où les douceurs se trouvent ailleurs que dans les sucreries? 

 
Close

50% Complete

Two Step

Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit, sed do eiusmod tempor incididunt ut labore et dolore magna aliqua.